François-Joseph-Claude Jaffrennou, né le à Carnoët et mort le à Bergerac, est un écrivain, imprimeur, puis commerçant en vins et directeur de journaux français bretonnant.

Son nom bardique, Taldir, est aussi un de ses pseudonymes littéraires. Régionaliste puis nationaliste et barde du mouvement néodruidique, il est titulaire des Palmes académiques en 1922 et fait chevalier de la Légion d'honneur en 1938.

Biographie

Famille et formation François-Joseph-Claude Jaffrennou naît à Carnoët le .

Il obtient un doctorat de lettres celtiques en 1911.

Carrière Ayant fini sa licence en droit, il crée une imprimerie à Carhaix. Elle publie Ar Vro, ainsi que le journal bilingue Ar Bobl, qui paraît jusqu'en 1914.

Il est l’auteur en 1897 du Bro Goz ma Zadoù, inspiré du Hen Wlad Fy Nhadau..

En 1900, Jaffrennou et sept autres bretonnants, dont François Vallée, Jean Le Fustec et Guillaume Corfec, fondent la section de Petite Bretagne du collège des druides.

Le , Bro gozh qu'il a écrit est proclamé « chant national » à l’occasion d’un congrès de l’Union régionaliste bretonne qui se déroulait cette fois à Lesnevenhttps://www.ouest-france.fr/bretagne/comment-l-hymne-breton-le-bro-gozh-ma-zadou-est-devenu-un-grand-air-populaire-d1331ef2-67df-11ec-8fe6-75ff3f7dbad0.

Après la Première Guerre mondiale, il devient négociant en vins. Il s'investit dans le mouvement breton.

Il fait paraître le Consortium breton puis An Oaled, revues trimestrielles bilingues traitant de questions culturelles et économiques bretonnes. Il écrivit quelques ouvrages, la plupart en langue bretonne, dont une thèse sur Prosper Proux.

En 1919, il devient secrétaire de l’Union Cantonale des Anciens Combattants de 14-18.

Écrivain breton thumb|François Jaffrennou, dit Taldir, en costume bigouden de la maison Ravalec. Charles Le Goffic écrit dans Les cahiers de la Quinzaine, en 1904 : Avec le Barzaz Taldir qui vient de paraître et qui a été salué en Bretagne d'une acclamation universelle, Jafrennou a conquis la grande notoriété populaire. L'opinion bretonne veut reconnaître en lui son Mistral. L'assimilation n'est peut-être pas tout à fait juste, mais elle signifie, je pense, que sur le Parnasse armoricain Taldir occupe la même place éminente que l'auteur de Mireilho sur le Parnasse provençalCité par Sophie Souquet. Taldir, barde de Cornouaille. In : Bulletin de l'Association bretonne, T. CX, 2002 Comptes-rendus du . Carhaix, 21-24 juin 2001..

Charles Le Goffic précise que Cité par Sophie Souquet dans l'article "Taldir, barde de Cornouaille.".thumb|Le barde François Jaffrennou, dit Taldir (carte postale d'Émile Hamonic). thumb|left|Le Gorsedd des bardes de 1907 : le collège bardique chante le Bro'goz ma Zadou de Taldir sur le dolmen de Canac'h-Laëron entre Laniscat et Saint-Nicolas-du-Pélem Une longue polémique et de nombreux articles publiés dans sa revue An Oaled oppose Jaffennou au PNB lequel, dans son journal Breiz Atao, ne lui ménage pas ses sarcasmes lui reprochant son loyalisme envers la FranceJaffrennou déclare que les Bretons doivent être fiers de se déclarer Bretons en France et Français à l'étranger..

Il fait paraître tout à tour le Consortium breton puis An Oaled, revues trimestrielles bilingues traitant de questions culturelles et économiques bretonnes. Il écrit quelques ouvrages, la plupart en langue bretonne, dont une thèse sur Prosper Proux.

Dans un article d'An Oaled-Le Foyer breton de fin 1939An Oaled, « Que veut l'Allemagne », trimestre 1939, , ., il déclare : « Vaincue (l'Allemagne) par les coalisés de 1918 ceux-ci ont témoigné vis-à-vis d'elle de la plus coupable faiblesse… », « … les envahisseurs germains dont Tacite disait il y a deux mille ans : “Qu'ils ont su faire de la guerre une industrie” » « À notre avis il n'y a que deux moyens de sauvegarder notre liberté et notre tranquillité : renforcer la frontière de l'Est de défenses infranchissables et consolider l'alliance avec les Britanniques », « L'Allemagne après s'être assuré la complicité de la Russie, a cru l'heure venue de démembrer la Pologne une fois de plus. La Grande-Bretagne et la France, engagées envers ce brave pays, ont mobilisé leurs forces terrestres, maritimes et aériennes. » À l'annonce de l'interdiction du journal Breiz Atao et de L'Humanité en , dans une note non signée, il l'approuve implicitement en ciblant Mordrel, mentionnant le fait qu'il est lieutenant de réserve, sous-entendu un traître à son paysAn Oaled-Le Foyer breton, , trimestre 1939..

Seconde Guerre mondiale Il est accusé d’avoir servi l’ennemi au côté de Philippe Pétain et d’avoir voulu faire de la Bretagne un pays indépendant dans une Europe dominée par le , mais également d’avoir dénoncé un responsable de la résistance gaulliste dans le Finistère.

Dans un article qu'il publie en 1943 dans La Bretagne, il constate qu'il n'y ait pas vraiment de « question juive » en Bretagne car il y a peu de personnes de cette confession dans ce pays. Il fait l'historique de leur présence et rapporte que des mesures ont été prises contre eux par le duc Jean V de BretagneLa Bretagne, du ..vignette|François Jaffrenou, grand druide d'Armorique dans Le Matin du 7 août 1942. Libération

Arrestation Le , il est arrêté par des FTP de la région de Carhaix qui constituent un tribunal de quatre membres pour le juger. Taldir est acquitté et reconduit à son domicile. Le , Taldir est arrêté de nouveau. Après un bref séjour au château Lancien (Kastel Ruz) à Carhaix, il est emmené à la prison Saint-Charles à Quimper. Au début de , il est transféré à Mesgloaguen, autre prison de Quimper. Il est inculpé d'actes ayant pu nuire à la défense nationale, en fait de relations avec les Allemands et de dénonciation de patriotes ; il fut aussi accusé d'avoir dénoncé un responsable de la résistance gaulliste dans le Finistère, le libraire Adolphe Le Goaziou (lequel fut relâché par la Gestapo faute de preuves), ainsi que Francis GourvilGeorges Cadiou, "L'Hermine et la Croix gammée", Mango Document, 2001, ..

Procès Il est condamné le , à cinq ans de prison pour «collaboration avec l’ennemi». Il est gracié par décret du Gouvernement Provisoire de la République, le .

Après-Guerre Il est libéré en .

Décès Il se retire au Mans, puis à Bergerac où il meurt le . Il est enterré à Carhaix.

Hymne Il est l’auteur en 1897 du Bro Goz ma Zadoù, inspiré de l'hymne national gallois Hen Wlad Fy Nhadau.

L'hymne est une première fois chanté lors d'un congrès de l'Union régionaliste bretonne à Guingamp en 1900, mais ce n'est que plus tard que ce mouvement lance un concours pour sélectionner un hymne. Jaffrennou en propose deux, le Sao Breiz izel et le . C'est ce dernier qui est choisi par le jury de l'Union régionaliste bretonne et proclamé « chant national », au nom de la fraternité qui rapproche Bretons et Gallois au congrès de Lesneven le ..

Distinctions

(1938 - au titre de l’Éducation nationale)

Publications

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie

Sophie Souquet. Taldir, barde de la Cornouaille. In : Bulletin de l'Association bretonne, t. CX, 2002 Comptes-rendus du congrès. Carhaix, 21-. p.. Rennes : Association bretonne, 2002. L'Affaire Taldir. Le Grand Druide était innocent. S.l., Beltan. 2001. de Gwenc'hlan Le Scouëzec. Philippe Le Stum, Le Néo-druidisme en Bretagne, éditions Ouest-France, coll. « De mémoire d'homme : l'histoire », Rennes, 1998, Raoul, Lukian. Geriadur ar skrivagnerien hag ar yezhourien aet da anaon a-raok 1991. Brest : Al Liamm, 1992. Article François Jaffrennou, p. . Lucien Raoul. Un siècle de journalisme en Bretagne… Guilvinec : Le Signor, 1981. À la cour de justice. l'épilogue de l'affaire Jaffrennou, La Voix de l'Ouest, , . Jean-Yves Michel. Religion et politique en Bretagne (1850-1960). Le cas du Poher. Keltia Graphic, Gourin, 2000, 235 pages,

Liens externes

Catégorie:Grand druide de Bretagne Catégorie:Personnalité bretonne du XIXe siècle Catégorie:Personnalité bretonne du XXe siècle Catégorie:Écrivain breton Catégorie:Compositeur breton Catégorie:Chevalier de la Légion d'honneur décoré en 1938 Catégorie:Collaborateur français pendant la Seconde Guerre mondiale Catégorie:Personnalité du néodruidisme Catégorie:Panceltisme Catégorie:Personnalité du mouvement breton Catégorie:Personnalité de la Fédération régionaliste de Bretagne Catégorie:Personnalité de l'Union régionaliste bretonne Catégorie:Étudiant de l'université de Rennes Catégorie:Naissance en mars 1879 Catégorie:Naissance dans les Côtes-du-Nord Catégorie:Décès en mars 1956 Catégorie:Décès à Bergerac (Dordogne)