La seconde bataille d'El-Alamein est un épisode de la guerre du désert durant la Seconde Guerre mondiale. Elle se déroule du au , près d'El-Alamein (Égypte), et oppose la britannique dirigée par Bernard Montgomery au Deutsches Afrikakorps d'Erwin Rommel. Elle se solde par une victoire alliée décisive.
Claude Auchinleck avait remporté la première bataille d'El Alamein en . Après avoir repoussé en septembre la dernière offensive de Rommel à la bataille d'Alam el Halfa, son successeur, Bernard Montgomery, peut préparer la grande contre-offensive en vue de chasser les Allemands et les Italiens d'Afrique.
La seconde bataille d'El-Alamein est décisive dans la guerre du désert car elle permet aux Britanniques de repousser les Allemands qui menacent depuis plus de six mois la ville d'Alexandrie et le canal de Suez. La domination de la mer Méditerranée par la Royal Navy empêchant le ravitaillement efficace du Deutsches Afrikakorps (DAK) et la supériorité en chars de l'armée britannique sont deux éléments décisifs qui ont permis la victoire alliée. Perdant de fait l'initiative, les forces de l'Axe doivent, à la suite de la bataille, se résoudre à la défensive, où elles se révèleront moins efficaces que dans l'offensiveElles verront de plus leurs positions en Afrique du Nord gravement menacées à la suite du débarquement allié du 8 novembre 1942 en Afrique française du Nord..
Les deux batailles d'El Alamein, et l' qui ouvre le front occidental avec celles de Midway et de Guadalcanal sur le front asiatique, ainsi que de Stalingrad sur le front est-européen, marquent un tournant de la Seconde Guerre mondiale au profit des forces alliées..
Prélude Le 1942, Rommel, trop malade pour continuer à assurer le commandement du DAK, confie celui-ci au général Georg Stumme. Le lendemain, Rommel décolle de Derna à destination de Rome où il doit rencontrer Mussolini. Après cette escale romaine, Rommel s'envole pour Berlin où il s'entretient cette fois avec le Führer, puis part pour le centre d'hospitalisation du Semmering à proximité de Wiener Neustadt. À ce moment-là, Hitler ne pense aucunement renvoyer Rommel en Libye mais plutôt sur le front de l'Est.
Début 1942, Rommel se rend à nouveau à Berlin pour répondre à plusieurs entretiens avec la presse allemande à laquelle il annonce que l'Afrika Korps atteindra bientôt Alexandrie sans toutefois cacher les difficultés de ravitaillement et de progression. Son moral est d'ailleurs remonté à la suite de la promesse de Hitler de lui envoyer très rapidement des chars Tigre I dont Rommel vient de voir le prototype. Rommel est ensuite acclamé lors d'un rassemblement en son honneur au palais des sports de Berlin, où tous les dignitaires nazis sont présents pour le féliciter. À la tribune, Rommel tient un discours très optimiste sur la suite des opérations, puis raconte des anecdotes sur les victoires au quotidien qu'il remporte à la tête de ses troupes.
En Afrique pendant ce temps-là, l'armée alliée renforce ses positions et en particulier celle d'El-Alamein. De plus, les combats continuent et ce sont en grande partie les Italiens qui en supportent le poids. Ainsi, le 1942 , le , du commandant Grossi, de la Folgore repousse à lui seul une attaque de la brigade néo-zélandaise en détruisant vingt chars Grant mais perd son commandant. Le 12, c'est le groupement Ruspoli, qui relève des troupes de la division Trieste dans l'Himeimat et en particulier les . Là, le groupement fait face à deux grandes difficultés, la chaleur intenable et les maladies - dysenterie, insolations, scorbut -, qui font des ravages dans les rangs italiens et mais également dans la britannique, laquelle ne cesse par ailleurs d'attaquer les positions ennemies.
À la suite des pertes provoquées par les hommes du colonel Ruspoli, mais aussi en raison des conditions de vie dans l'armée britannique, plusieurs mutineries ont lieu, dont celle des troupes australiennes qui refusent tout simplement de retourner à l'assaut.
L’opération Lightfoot À la suite des difficultés de progression de l'armée allemande, Montgomery peut enfin se préparer à lancer une offensive qui aura pour objectif de repousser hors d'Égypte les forces de l'Axe. Le nom de l'opération est .
Forces en présence
Du côté germano-italien gauche|vignette|upright=1.4|Disposition des forces le . Sur le front, les forces de l'Axe, contrairement à leurs habitudes (surtout pour les Allemands), doivent se préparer à défendre leurs positions face aux Britanniques. Rommel, peu avant son départ, s'est efforcé de mêler les forces allemandes et italiennes.
Les positions défensives de la Panzerarmee sont les suivantes, la division légère et la division Trento tiennent le front nord, ensuite, la division Bologna soutenue par deux Kampfgruppen de la Fallschirmjäger Brigade tient la crête de Ruweisat. Les deux autres Kampfgruppen sont en soutien des divisions Brescia et Pavia. La division Folgore était mêlée avec le de reconnaissance allemand. Plus au sud encore, la Panzerdivision et la division blindée (DB) Littorio sont ensemble. L'extrême sud du front au niveau de la dépression de Qattara étant tenu par la Panzerdivision et la division blindée Ariete. La légère et la division d'infanterie Trieste sont gardées en réserve.
Cette disposition montre très clairement que les Allemands craignent une attaque au sud. Ils comptent sur la lenteur des Britanniques pour pouvoir ramener leurs blindés au nord en cas d'attaque. Rommel dispose sa défense en profondeur pour rendre les tirs de barrage britanniques inefficaces. Nehring blessé est remplacé par von Thoma. À la tête de la Panzerdivision, le général von Randow remplace von Bismarck après sa mort. Dans l'état-major, Gause a été blessé et von Mellenthin est transféré en Europe.
L'Afrikakorps et le corps italien ne sont pas au mieux de leur forme. L'insuffisance du ravitaillement italien fait que les rations sont réduites de moitié, et les hommes n'ont reçu aucun aliment gras ni légume les jours précédant l'offensive. De plus, le climat met hors de combat un nombre important de soldats. Les Allemands disposent donc en 1942 de , les Italiens de . La Luftwaffe et la Kriegsmarine disposent de . Il y a en tout dont . Les Italiens disposent de dont la moitié seulement sont des combattants. L'effectif en hommes et matériels des divisions allemandes est le suivant : : , (sur un effectif théorique de ), , , (de tous types, y compris Panzer II), seize voitures blindées et ; : , , antichars, de campagne, de tous types, seize voitures blindées et ; Division : , , antichars, de campagne, cinq voitures blindées, ; légère : , , antichars, dix canons de campagne ; l'appellation « légère » est provisoire, l'unité étant en cours de transfert depuis la Crète ; troupes organiques : , , légers de Flak, lourds de Flak, lourds de campagne, ..
Ces effectifs datent du ; en 1942 , avec l'arrivée des renforts, ils ont grossi et la Brigade Ramcke est arrivée. En tout, il y a (, dont , ). Les Italiens possèdent de leur côté , ce qui fait un total pour l'Axe de . Vingt-deux chars sont en réparation.
Du côté britannique
Montgomery, quant à lui, dispose de , en réserve et près de réparation. La différence avec les Allemands est considérable, mais il en a toujours été ainsi. Ses chars sont répartis en trois divisions complètes et deux brigades. Contrairement aux précédentes batailles, les Britanniques n'ont plus de Matilda II (dépassés) (à part douze démineurs) et peu de Crusader (également dépassés) à canons de . Quatre cent vingt-deux chars sont des Grant et des Sherman M4, modernes et bien armés, qui rivalisent avec le Panzer IV aussi bien pour le canon, le blindage ou la vitesse grâce à son puissant moteur. Le reste est composé de Stuart (chars légers) et de Churchill mk II. L'ensemble des chars est disposé comme suit : Troupes organiques d'armée : Escadron de protection du QG : sept Grant plus des voitures blindées ; Army Tank Brigade : douze Matilda Scorpions ; 74th Armoured Brigade : 39th, 118th, 124th régiments royaux de chars factices. Corps : QG du Corps : deux Crusader 2 Pdr ; Armoured Division : QG divisionnaire : huit Crusader 2 Pdr ; Lancers : voitures blindées ; Kingforce : six Churchill Mk II. Armoured Brigade : The Queen's Bay, Lancers et Hussars : un Grant, , , ; division blindée : QG divisionnaire : sept Crusader 2 Pdr ; The Royal Dragoons : voitures blindées. Armoured Brigade : Régiment Royal de Tank, Sherwood Foresters Yeomanry, Staffordshire Yeomanry : , , , douze Crusader 6 Pdr. 24th Armoured Brigade : Régiment Royal de Tanks, royal de tanks, royal blindé : deux Grant, , , . Corps : Armoured Division : The Household Cavalry Regiment, Hussars, Derbyshire Yeomanry : voitures blindées. Light Armoured Brigade : et Hussars, The Royal Scots Greys : , . Armoured Brigade : et Régiment Royal de Tanks, County of London Yeomanry : , , , huit Crusader 6 Pdr. 30th Corps : blindée : king's Own Hussars, Royal Wiltshire Yeomanry, Warwickshire Yeomanry : , , , douze Crusader 6 Pdr. Armoured Brigade : , 40th, 46th et 50th Régiment Royal blindé : . de cavalerie divisionnaire néo-zélandais : . de cavalerie divisionnaire de la australienne : quinze Crusader 2 Pdr et quatre Stuart.
À ce nombre, il faut rajouter les canons automoteurs et Bishop. L'artillerie comporte contre et pour les Allemands.
Concernant les effectifs, la armée britannique aligne (contre la Panzerarmee Afrika). Parmi eux se trouvent les hommes de la brigade française libre.
Le plan d’attaque Pour percer le front de l'Axe, Montgomery prévoit une attaque au nord du 30th Corps avec pour objectif notamment l'ouverture d'un passage dans les champs de mines pour permettre au Corps d'y pénétrer. Le Corps situé au sud développera une attaque vers le plateau de Taqa et une autre au niveau du Djebel Kalakh pour faire diversion et fixer des forces adverses.. Les Britanniques veulent faire subir aux Germano-Italiens des pertes bien supérieures aux leurs, ce qui depuis le début de la guerre du désert ne s'est quasiment jamais produit. Enfin, la victoire de l'infanterie sera un préalable à l'engagement des chars.
On voit qu'alors que les Allemands craignent pour le front sud, l'effort britannique se dirige au nord du front. Cependant, les champs de mines du nord sont extrêmement profonds et constituent donc un obstacle de taille pour les Britanniques et leurs alliés. La limite sud de l’offensive est marquée par la dépression de Qattara, qui était impraticable par les chars et la plupart des autres véhicules militaires en raison de ses caractéristiques spécifiques comme la présence de lacs salés, de hautes falaises, d'escarpements et de fech-fech.
La bataille
L’infanterie à l’attaque vignette|upright=1.4|Attaque britannique à le . vignette|upright=1.0|Charge d'infanterie britannique le . L'offensive commence le . Des centaines d'avions attaquent les positions de l'Axe. À , c'est au tour de l'artillerie de bombarder les positions germano-italiennes durant quinze minutes avant de laisser la place à à un tir de barrage qui permet aux fantassins de quatre divisions de sortir de leurs positions. Très vite, le génie s'attelle à ouvrir des passages dans les champs de mines. Cela permettra à la Armoured Brigade de progresser et de soutenir l'infanterie.