Eudes (Odon) de Saint-Amand, né en Artois c. 1110 et mort en Damas le est le de l'Ordre du Temple.
Biographie Il est originaire d'une famille noble du Limousin, fils d'Huston de Saint-Amand, mort c. 1150, mais est arrivé sans doute assez jeune en Palestine car lorsqu'il parvient à la tête des templiers il a déjà derrière lui une carrière militaire bien remplie puisqu'il a occupé la charge de maréchal du royaume et de vicomte de Jérusalem. Il devient templier à une date inconnue, après s'être marié, et succède à l'éphémère Philippe de Milly à la tête de l'Ordre du Temple vers 1171, 611.. Il est réputé pour sa sagacité et son courage mais est décrit ainsi par le chroniqueur (et évêque) Guillaume de Tyr : « Homme méchant, superbe, arrogant, ne respirant que la fureur, sans crainte de Dieu et sans égard pour les hommes... Il mourut de misère, sans emporter les regrets de personne. » Il est à noter que l'ordre avait affirmé son indépendance et refusé de payer l'impôt à l'évêque, ce qui rend plus que douteuse cette affirmation revancharde de Guillaume de Tyr. Eudes de Saint-Amand a plutôt laissé le sentiment d'un soldat valeureux, courageux et d'un excellent gestionnaire, de l'avis de nombreux chroniqueurs et historiens.
À peine élu, il s'oppose au roi Amaury de Jérusalem en refusant de livrer à la justice du roi Gantier du Mesnil, un templier coupable du meurtre d'un émissaire du Vieux de la Montagne. L'affrontement entre les deux hommes n'a pas lieu du fait de la mort du roi, remplacé par le jeune et malade Baudouin IV de Jérusalem, puis de celle de Nur ad-Din, l'Atabeg d'Alep, à qui succède Saladin. En 1177, ce dernier lance un raid sur les alentours d'Ascalon avec environ . Aussitôt Baudouin IV s'avance à sa rencontre avec à peine et 375 chevaliers dont 80 templiers conduits par leur chef. Ceux-ci chargent à l'avant-garde et bousculent les premières lignes du sultan Ayyoubide.
«L'ange exterminateur semblait les suivre dans la mêlée »
Cette bataille d'Ascalon () est une large victoire des chrétiens remportée en partie par la fougue et la furie de la charge des Templiers. Deux ans plus tard, Saladin organise des raids depuis Banias vers la région de Beyrouth, d'une part pour approvisionner l'émirat de Damas, atteint de disette à la suite de sécheresse, et d'autre part pour affaiblir le royaume de Jérusalem. Baudouin IV le lépreux réunit des troupes pour y mettre fin, accompagné du comte Raymond III de Tripoli et d'Eudes de Saint-Amand. Le camp de Saladin est repéré du haut d'une hauteur de que Guillaume de Tyr nomme MesapharRené Grousset l'identifiait à Jebel Hûnîn. et l'armée descend le mont pour intercepter une troupe de pillards menés par Farrukh-Shâh, un neveu de Saladin, qui rentre d'un raid. Pendant la descente, Eudes entraîne avec lui les Templiers et les chevaliers du comte de Tripoli et distance l'infanterie et le roi. Cette troupe de six cents chevaliers n'a aucun mal à écraser la trentaine de pillards musulmans, mais l'armée est ainsi dangereusement dispersée, et ne peut résister à la contre-attaque de Saladin (). Alors que les soldats se débandent, les Templiers et les Tripolitains résistent et sont pour la plupart tués à l'exception d'Eudes de Saint-Amand et de quelques autresRené Grousset, , 636-643.. Nombre de templiers subirent un supplice horrible, sciés par le milieu du corps, à l'issue de la bataille, sur ordre de Saladin.
Le sultan souhaite échanger le Grand Maître contre l'un de ses neveux prisonnier de l'Ordre mais le maître refuse qui répond :«Je ne veux point autoriser par mon exemple la lâcheté de mes religieux qui se laisseraient prendre dans l'espoir d'être rachetés. Un Templier doit vaincre ou mourir, et ne peut donner pour sa rançon que son poignard et sa ceinture». Emmené en captivité il meurt à Damas le , El-Imad, juriste et secrétaire de Saladin, écrivant qu'il « passa de sa prison aux cachots de l'Enfer »Pierre Aubé, , 212., preuve de l'importance et sans doute de la valeur que les forces de Saladin attribuaient à Eudes de Saint-Amand...
Son fils maria une de Verdun et ils seront les parents d', né à Bloxham c. 1175 et mort en 1241 en pèlerinage vers la Terre sainte, seigneur de Bloxton, marié à Iseult Pantolfe, dont descendance, les seigneurs et barons de Saint-Amand, éteints dans les mâles, ancêtres de l'épouse du baron Montagu.
Les hommes de son temps Au cours de sa vie et comme maître de l'ordre du Temple, Eudes de Saint-Amand a côtoyé des hommes qui ont marqué leur temps : Saladin
Notes et références
Saint-Amand, Eudes de Catégorie:Croisé du XIIe siècle Saint-Amand, Eudes de Catégorie:Personnalité du royaume de Jérusalem