Louis Pasteur, né le à Dole (Jura) et mort le à Marnes-la-Coquette (Hauts-de-Seine, à cette époque en Seine-et-Oise), est un scientifique français, chimiste et physicien de formation.

Sa carrière scientifique commence avec l'expérimentation progressive sur les minéraux, les insectes, puis les végétaux, en microbiologie. Il se tourne ensuite vers l'étude de la fermentation alcoolique, et enfin vers la santé humaine avec la vaccination contre la rage, qui le rend célèbre.

Biographie Jeunesse

Louis Pasteur est né à deux heures du matin le dans la maison familiale de Dole, troisième enfant de Jean Joseph Pasteur et de Jeanne Étiennette Roqui Acte de naissance Dôle 1822, cote 3E/3143, page 136/138 acte de droitePour les points de chronologie, voir par exemple P. Debré, Louis Pasteur, Flammarion, 1994, .; Louis naquit après Jean-Denis [R.Moreau donne Jean-Charles](1816, † 1817)et après Jeanne Antoine (1818, † 1880) ; après lui vinrent Joséphine (1825,† 1850), et Jeanne Émilie (1826, † 1853).Brochure de la maison natale ; selon elle, la mère de ce personnage s'appelait Jeanne-Étiennette Roqui... Il est baptisé dans la Collégiale Notre-Dame de Dole le . Son père, après avoir été sergent dans l’armée napoléonienne, reprit la profession familiale de tanneur.

En 1827, la famille quitte Dole pour Marnoz, lieu de la maison familiale des Roqui, pour finalement s'installer dans une nouvelle maison en 1830 à Arbois, localité plus propice à l'activité de tannage. Le jeune Pasteur suit à Arbois les cours d'enseignement mutuel puis entre au collège de la ville.

C'est à cette époque qu'il se fait connaître pour ses talents de peintre ; il a d'ailleurs fait de nombreux portraits de membres de sa famille et des habitants de la petite ville.

Formation vignette|redresse=0.7|left|Louis Pasteur en 1845, dessin de Charles Lebayle. Il part au collège royal de Besançon. En , il le quitte pour l'Institution Barbet, à Paris, afin de se préparer au baccalauréat puis aux concours. Cependant, déprimé par cette nouvelle vie, il renonce à son projet et quitte Paris, terminant son année scolaire au collège d'Arbois. À la rentrée 1839, il réintègre le collège royal de Besançon. En 1840, il obtient le baccalauréat en lettres puis, en 1842, après un échec, le baccalauréat en sciences mathématiques.

Pasteur retourne à Paris en . Logé à la pension Barbet, où il fait aussi office de répétiteur, il suit les cours du lycée Saint-Louis et assiste à des cours donnés à la Sorbonne par Jean-Baptiste Dumas et Claude PouilletRené Vallery-Radot, "La vie de Pasteur : enfance et jeunesse" in Revue politique et littéraire : revue bleue, 1900, semestre..

En 1843, il est quatrième du concours de l'École normale, qu'il intègre.

Plus tard, il est élève de Jean-Baptiste Boussingault au Conservatoire national des arts et métiersJean Boulaine et Jean-Paul Legros, D'Olivier de Serres à René Dumont : portraits d'agronomes, Paris, Technique et documentation, 1998 ..

Mariage et descendance Alors qu'il est professeur suppléant à la Faculté des Sciences de Strasbourg, Pasteur se marie le avec Marie-Anne, la fille du recteur Aristide Laurent, lequel réside dans les bâtiments de l'Académie avec sa famillePatrice Debré, Louis Pasteur, Paris, 1994, ; le mariage est célébré en l'église Sainte-Madeleine de Strasbourg.. Émile Roux dit d'elle qu' : elle écrit sous sa dictée, réalise les revues de presse et veille à son image puis à sa mémoire jusqu'à sa propre mort, en 1910 Louis Pasteur dans E.notes..

Ensemble ils ont cinq enfants, dont les trois premiers sont nés à StrasbourgGeorges Livet, L'Université de Strasbourg de la Révolution française à la guerre de 1870, Strasbourg, 1996, . : Jeanne, Jean Baptiste et Cécile Marie Louise Marguerite . La quatrième, Marie-Louise, se marie en 1879 avec René Vallery-Radot. Camille est la dernière. De l'union de Marie-Louise et de René Vallery-Radot sont issus Camille Vallery-Radot et Louis Pasteur Vallery-Radot, membre de l'Académie française et de l'Académie de Médecine, dernier descendant de Pasteur.

Carrière vignette|gauche|redresse|Institut Pasteur de Lille, inauguré en 1899.

À l'École normale, Pasteur étudie la chimie, la physique et la cristallographie. Il devient agrégé-préparateur de chimie, dans le laboratoire d'Antoine-Jérôme Balard, et soutient en 1847 à la faculté des sciences de Paris ses thèses pour le doctorat en sciencesRecherches sur la capacité de saturation de l'acide arsénieux. Étude des arsénites de potasse, de soude et d'ammoniaque. Suivi de Étude des phénomènes relatifs à la polarisation rotatoire des liquides. Application de la polarisation rotatoire des liquides à la solution de diverses questions de chimie, Faculté des sciences de Paris, disponible sur : https://patrimoine.sorbonne-universite.fr/idurl/1/1354. Ses travaux sur la chiralité moléculaire lui valent la médaille Rumford en 1856.

Il est professeur à DijonAu lycée de Dijon, sur le site de l'actuel collège Marcelle-Pardé. puis à Strasbourg de 1848 à 1853. Le , il est nommé professeur suppléant à la faculté des sciences de Strasbourg ; il occupe également la suppléance de la chaire de chimie à l’école de pharmacie de cette même ville, du au Louis Sergent, « Le centenaire de Pasteur : Pasteur et la pharmacie », dans Bulletin de la Société d'histoire de la pharmacie, , , 1923, ..

En 1853, il est fait chevalier de la Légion d'honneur.

En , pour avoir le temps de mener à bien des travaux qui puissent lui valoir le titre de correspondant de l'Institut, il se fait octroyer un congé rémunéré de trois mois à l'aide d'un certificat médical de complaisance« Sans ce travail que l'on me demande en vue de la Correspondance de l'Institut je serais resté à Strasbourg. Seulement tu comprends que ce congé que ces missions m'ont fait avoir avec traitement complet est une irrégularité qui a besoin d'être couverte par un motif de santé. » (Pasteur, lettre du 25 février 1854 à son père, dans Pasteur, Correspondance, t. 1, Paris, 1940, .).. Il fait prolonger le congé jusqu'au , date du début des examensPasteur, lettre du 8 mai 1854 à son père, dans Pasteur, Correspondance, t. 1, Paris, 1940, . Cet épisode de la carrière de Pasteur est noté par Pierre-Yves Laurioz, Louis Pasteur. La réalité après la légende, Paris, 2003, . Sur l'attitude de Pasteur envers l'argent, voir Richard Moreau, La Préhistoire de Pasteur, Paris, L'Harmattan, 2000, ..

alt=Louis Pasteur en 1857|vignette|redresse|Pasteur en 1857.

En 1854, il est nommé professeur de chimie et doyen de la faculté des sciences de Lille nouvellement créée. C'est à cette occasion qu'il prononce la phrase : « Dans les champs de l'observation, le hasard ne favorise que les esprits préparésL. Pasteur, Discours prononcé à Douai, le 7 décembre 1854, à l'occasion de l'installation solennelle de la Faculté des lettres de Douai et de la Faculté des sciences de Lille, Œuvres complètes, t. 7, , consultable sur Gallica. L'article hasard de l'index figurant à la fin du vol. 7 des Œuvres complètes donne encore deux autres passages analogues.. » Pasteur, qui s'intéresse à la fermentation depuis 1849, reçoit des demandes de brasseurs lillois concernant la conservation de la bière..

Après Frédéric Kuhlmann et Charles Delezenne, Pasteur est un des premiers en France à établir des relations fructueuses entre l'enseignement supérieur et l'industrie chimique.

Les travaux qu'il réalise à Lille entre 1854 et 1857, notamment ceux effectués à la demande de l'industriel Louis Bigo dans sa distillerie de betteraves à sucre d'Esquermes, conduisent à la présentation de son Mémoire sur la fermentation appelée lactique dans le cadre de la Société des sciences, de l'agriculture et des arts de Lille le Louis Pasteur, (Wikilivre) Mémoires de la Société des sciences, de l'agriculture et des arts de Lille, séance du 8 août 1857, sér., V, 1858, . - Annales de chimie et de physique, sér., LII, 1858, . Œuvres complètes de Pasteur, t. 2, Paris, 1922, ..

En 1857, il est nommé administrateur chargé de la direction des études à l'École normale supérieure.

De 1861 à 1862, Pasteur publie ses travaux réfutant la théorie de la génération spontanée. L'Académie des sciences lui décerne le prix Jecker pour ses recherches sur les fermentations. En 1862, il est élu à l'Académie des sciences, dans la section de minéralogie, en remplacement de Henri Hureau de SenarmontIl ne fut élu que difficilement, à la troisième t, Fondation Napoléon cf http://www.napoleon.org/fr/salle_lecture/articles/files/Napoleon_III_Pasteur.asp..

En 1863, il commence l'étude des altérations du vin, et entre autres, le processus de formation du vinaigre, il publie un ouvrage sur le sujet en 1866.

En , le baron Haussmann, instituant une commission chargée d'étudier l'étiologie du choléra et les moyens d'y remédier, y nomme Pasteur, avec Dumas (président), Claude Bernard (malade, il n'y prendra part que de loin), Sainte-Claire Deville et PelouzeDenise Wrotnowska, « Claude Bernard et Pasteur, Commission du choléra, en 1865 », dans Histoire des Sciences médicales, t. 13, , 1979, , consultable sur le site de l'université Paris Descartes. D. Wrotnowska semble ignorer que Robert Koch fut précédé par Filippo Pacini dans la découverte du bacille du choléra.. Les savants, qui cherchent le principe de la contagion dans l'air (alors que Snow, dans un travail publié en 1855, avait montré qu'il était dans l'eau), ne trouvent pas le microbe pourtant déjà identifié en 1854Lettre de Pasteur au Temps, en date du 26 juillet 1883, Œuvres complètes de Pasteur, t. 6, , consultable sur Gallica; René Vallery-Radot, La vie de Pasteur, réimpr. phot. Hachette, 1962, ; Patrice Debré, Louis Pasteur, 1994, ..

À l'École normale supérieure, où règne l'esprit républicain, Pasteur, proche de , est contesté tant par ses collègues que par les élèvesEn 1867, à propos d'un débat au Sénat, quatre-vingts élèves de l'École envoient une « adresse » à l'écrivain Sainte-Beuve pour le soutenir dans son combat en faveur de la liberté de la librairie. Deux d'entre eux ayant, contrairement au règlement de l'école, fait publier cette « adresse » dans la presse, Pasteur, avec l'accord du ministre de l'Instruction publique, Victor Duruy, prend des mesures disciplinaires contre lesquelles des élèves manifestent en bloc. L'opposition politique et la presse libérale attaquent Pasteur et Duruy, Duruy revient sur les mesures contre les étudiants, la démission de Pasteur comme administrateur de l'École normale supérieure est acceptée ; il reçoit une chaire en Sorbonne et on crée, à l'École normale même, un laboratoire de chimie physiologique dont la direction lui est confiée, selon Patrice Debré, Louis Pasteur, 1994, ., ce qui le pousse à démissionner, en 1867, de ses fonctions d'administrateur. Il reçoit une chaire en Sorbonne et l'École normale lui attribue la direction d'un laboratoire de chimie physiologique créé spécialement pour lui.

Ses études sur les maladies des vers à soie, menées de 1865 à 1869 à la demande de , triomphent de la pébrine mais non de la flacherie et ne permettent pas vraiment d'endiguer le déclin de la sériciculture. Pendant ces études, il demeure à Pont-Gisquet près d'Alès. Durant cette période, une attaque cérébrale le rend hémiplégique. Dès lors, il perd l'usage de la main gauche et se déplace difficilementPatrice Debré, Louis Pasteur, Flammarion, 1994, .. En 1868 il devient commandeur de la Légion d'honneur. Cette même année, l'université de Bonn le fait docteur honoris causa en médecine..

Entre 1865 et 1869, il séjourne également à pusieurs reprises à Saint-Hippolyte-du-Fort poursuivant ses recherches sur la maladie du ver à soie..