Le Songe d'une nuit d'été () est une comédie de William Shakespeare écrite entre 1594 et 1595. La première inscription de la pièce au registre des Libraires date du .

C'est une histoire complexe dont l'action se déroule à Athènes en Grèce et qui réunit pour mieux les désunir deux couples de jeunes amants : Lysandre et Hermia d'une part, Démétrius et Héléna d'autre part. Hermia veut épouser Lysandre mais son père, Égée, la destine à Démétrius, dont Héléna est amoureuse. Lysandre et Hermia s'enfuient dans la forêt, poursuivis par Démétrius, lui-même poursuivi par Héléna. Pendant ce temps, Obéron, le roi des fées, a ordonné à Puck de verser une potion sur les paupières de sa femme, Titania, pour se moquer d'elle. Pendant la nuit, une grande confusion règne parmi tous les personnages.

La scène la plus connue est l'apparition de Bottom, qui porte une tête d'âne, avec Titania, qui, par la magie de Puck, en est tombée amoureuse.

La pièce inspire de nombreuses œuvres, notamment musicales, à l'instar de la musique de scène du même nom composée par Felix Mendelssohn.

Les personnages de l’histoire thumb|right|325px|La Querelle d'Obéron et de Titania.Étude de Joseph Noel Paton (v. 1849). D'après la traduction de François-Victor Hugo (les noms originaux sont entre parenthèses) : Thésée (Theseus), duc d'Athènes Égée (Egeus), père d'Hermia Démétrius (Demetrius), amoureux d’Hermia/Helena Lysandre (Lysander), amoureux d’Hermia Hermia (Hermia), fille d’Égée, amoureuse de Lysandre Héléna (Helena), fille de Nédar, amoureuse de Démétrius Philostrate (Philostrates), intendant des menus plaisirs de Thésée Bottom (ou Bobine ou Navette) (Bottom), tisserand Lecoin (ou Ducoin) (Quince), charpentier et metteur en scène Flûte (Flute) , raccommodeur de soufflets Groin (ou Lebec) (Snout), chaudronnier rétameur Etriqué (ou Lajusté) (Snug), menuisier Meurt de faim (ou Famélique) (Starveling), tailleur Hippolyte (Hippolyta), reine des Amazones, fiancée à Thésée Obéron (Oberon), roi des fées Titania (Titania), reine des fées Puck dit Robin Gai-Luron ou Robin Bonenfant (Puck), lutin Fleur des Pois (Peaseblossom), Toile d'Araignée (Cobweb), Moucheron (Moth), Grain de Moutarde (Mustardseed), sylphes une Fée Fées et esprits de la suite du roi et de la reine Serviteurs de la suite de Thésée et d'Hippolyte

Résumé de l'œuvre En Grèce, deux couples d'amoureux transis, une dispute entre le roi des fées et la reine des fées, Puck et sa potion qui s'en mêle, et une troupe de comédiens amateurs qui prépare une pièce pour le mariage d'un prince, tous vont s'entrecroiser dans cette forêt étrange, un peu magique, le temps d'une nuit du mois de mai, aussi ensorcelante que pourrait en rêver un dormeur lors d'une nuit de la Saint-Jean, selon la tradition anglaise qui accorde à ce jour des facultés d'onirisme toutes particulières.

Les divisions par actes ont été introduites arbitrairement après la mort du poète dans l'édition de 1623Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1865, tome 2, ..

Acte I Scène 1 (au palais de Thésée, de jour) Thésée, duc d’Athènes entre, accompagné de sa fiancée Hippolyta, reine des Amazones, qu’il doit épouser dans quatre jours. Il exprime l’empressement qu’il ressent à l’idée de ce mariage, et incite son intendant des fêtes, Philostrate, à .

Tandis que sort Philostrate, entrent Égée, sa fille Hermia et ses deux soupirants Lysandre et Démétrius. Égée explique au duc que sa fille refuse d’épouser Démétrius qu’il a pourtant choisi pour elle. En effet, elle aime Lysandre qui, comme le rappelle ce dernier à Thésée, est I am my Lord, as well derived as heAs well possess'd : my love is more than his :My fortunes every way as fairly rank'd(If not with vantage) as Demetrius' :And (which is more than all these boasts can be)I am belov'd of beauteous Hermia.. Égée demande au duc que l’ancien privilège d’Athènes soit appliqué si elle persiste à refuser Démétrius pour époux :

Thésée tente de persuader Hermia en lui expliquant que But earthlier happy is the rose distill'd,Than that which withering on the virgin thorn,Grows, lives, and dies, in single blessedness.. Hermia, passionnée, réplique qu’elle préfère So will I grow, so live, so die my Lord,Ere I will yield my virgin patent upUnto his lordship, whose unwished yoke,My soul consents not to give sovereignty.. Thésée lui laisse encore quatre jours, jusqu’à son mariage, pour réfléchir. Démétrius essaye de convaincre Hermia de suivre les injonctions de son père en faisant valoir son « droit évident ». Moqueur, Lysandre lui répond admirablement : Puis il explique au souverain que Démétrius a courtisé, avec succès, une autre femme, Héléna. Thésée n'y prête aucune attention et rappelle à Hermia, avant de sortir avec Égée et Démétrius, qu’elle doit For you fair Hermia, look you arm yourself,To fit your fancies to your father's will;Or else the Law of Athens yields you upTo death, or to a vow of single life..

Resté seul avec son amante, Lysandre lui explique que The course of true love never did run smooth.. Il expose les diverses entraves inhérentes à l’amour : la différence d’âge, de rang. Hermia est à chaque fois horrifiée. Par ce dialogue, Shakespeare critique avec une ironie habile les mariages arrangés. Les amants concluent qu’ils doivent supporter les affres du destin, faute de pouvoir y échapper. Lysandre propose alors de s’enfuir chez sa tante, loin d’Athènes, où ils pourront se marier. Il demande à Hermia de le rejoindre And in the wood, a league without the town,(Where I did meet thee once with Helena,To do observance to a morn of May)There will I stay for thee..

Héléna entre et apprend aux spectateurs que Démétrius a fondu sous les charmes d’Hermia. Elle lui demande comment elle s’y est prise. Hermia lui répond : The more I hate, the more he follows me. soit l’attitude inverse d’Héléna : The more I love, the more he hateth me. (on reconnaît là le schéma de fuite des tragédies). Hermia cherche à rassurer Héléna, Lysandre et elle lui dévoilent leur fuite prochaine. Héléna n’aura alors plus à craindre l’ombre d’Hermia.

Hermia puis Lysandre sortent, laissant Héléna désespérée par la stupidité de l’amour. Elle rappelle qu’avant de rencontrer Hermia, Démétrius était très épris d’elle. Elle décide donc de lui révéler la fuite des amants afin d’obtenir un peu de gratitude, bien cher payée. Cette dernière action illustre bien la folie de l’amour, et des actes qu’il peut nous pousser à faire.

Scène 2 (l’échoppe de Lecoin) Dans cette scène sont réunis six artisans d’Athènes dans le but de monter une pièce de théâtre pour le mariage de leur duc ; il s'agit d'une tragédie inspirée du mythe de Pyrame et Thisbé. L’absurdité de la distribution des rôles et des discussions qui s’ensuivent pour savoir si les dames de la cour ne seront pas effrayées souligne l’incompétence de ces piètres acteurs. Bottom, le tisserand, se distingue des autres car il pense pouvoir jouer tous les rôles, mieux que quiconque. Les hommes, une fois la distribution faite, se donnent rendez-vous le lendemain soir dans le bois pour répéter.

Acte II Scène 1 (une clairière d’un bois près d’Athènes, la nuit) Puck, un « esprit malicieux et coquin qu’on nomme Robin Bonenfant »… that shrewd and knavish spriteCall'd Robin Goodfellow. rencontre une fée qui lui apprend que la reine des fées Titania, qui doit préserver la Nature, ne va pas tarder à arriver. Le lutin explique que le roi des fées Obéron va donner dans le même lieu une fête. Or les deux souverains sont fâchés car Obéron est jaloux d’un jeune page que la reine élève avec amour, alors que le roi voudrait qu’il devienne un de ses chevaliers.

Le roi et la reine rentrent alors chacun d’un côté de la clairière avec leurs cortèges. Les deux souverains se disputent, jaloux, à propos des anciennes conquêtes de l’autre. Ainsi Titania reproche à Obéron d’être à Athènes parce qu'Hippolyta, Your buskin'd mistress, and your warrior love,To Theseus must be wedded. Obéron furieux fait remarquer à sa dame qu’il « sait [son] amour pour Thésée ». Elle ne peut donc lui reprocher d’assister aux noces de son ancienne amante. Titania fait alors une tirade sur l’effet catastrophique de leurs querelles sur la Nature. Elle lui reproche de l’empêcher d’exercer son rôle de protectrice de la Nature : « À cause de nos discordes, nous ne voyons les saisons changer […], le monde effaré ne sait plus les reconnaître à leurs produits. Ceux qui engendrent ces maux ce sont nos débats et nos dissensions : nous en sommes les auteurs et l’origineAnd thorough this distemperature, we seeThe seasons alter;…and the mazed world,By their increase, knows not which is which;And this same progeny of evils, comesFrom our debates, from our dissension;We are their parents and originals.. » Obéron propose comme solution qu’elle lui donne l’enfant pour qu’ils puissent se réconcilier. Titania explique l’importance qu’elle accorde à l’enfant : « Sa mère était une adoratrice de mon ordre […] et elle est morte de cet enfant ; et j’élève cet enfant pour l’amour d’elle ; et, pour l’amour d’elle, je ne veux pas me séparer de luiHis mother was a votaress of my Order,…And she being mortal, of that boy did die,And for her sake I do rear up her boy,And for her sake I will not part with him.. » Elle lui propose toutefois d’assister aux festivités avec elle mais il refuse si elle ne lui donne pas l’enfant. Furieuse, Titania sort avec sa suite.

Obéron décide de la « châtier pour cet outrage ». Pour ce faire, il envoie Puck chercher une « pensée d’amour », fleur qui reçut une flèche de Cupidon. « Son suc, étendu sur des paupières endormies, peut rendre une personne, femme ou homme, amoureuse folle de la première créature vivante qui lui apparaîtThe juice of it, on sleeping eye-lids laid,Will make or man or woman madly doteUpon the next live creature that it sees.. » Il projette d’en verser sur les yeux de Titania pour qu’une fois amoureuse elle lui livre le page.

À ce moment entrent Démétrius et Héléna. Obéron, invisible, suit toute la conversation. Démétrius, furieux de la fuite de Lysandre et Hermia, repousse violemment Héléna, ne cessant de lui répéter qu’il ne l’aime pas et qu’il ne l’aimera jamais. Plus il la repousse, plus elle s’accroche. Il tente alors de lui faire peur : ils sont seuls dans un bois désert, et elle, folle amoureuse, ferait tout pour lui plaire. Il pourrait donc abuser de son pouvoir et lui voler sa vertu. Mais elle ne prend pas la remarque au sérieux, et le suit lorsqu’il sort, en lui disant : « Je veux te suivre et faire un ciel de mon enfer en mourant de la main que j’aime tantI'll follow thee, and make a heaven of hell,To die upon the hand I love so well.. »

Obéron, qui a tout entendu, est outré par l’attitude de Démétrius. Aussi quand Puck revient avec le suc de la fleur, il lui ordonne de chercher « une charmante dame d’Athènes [qui] est amoureuse d’un jeune dédaigneux » sur les yeux duquel il doit verser quelques gouttes du suc. Il lui explique qu’il reconnaîtra « l’homme à son costume athénien » et qu’il doit revenir avant le jour. Pendant ce temps, Obéron ira « teindre » les yeux de sa femme.

Scène 2 (une autre partie du bois) Les fées chantent une chanson pour endormir leur reine. Une fois fait, Obéron se glisse et humidifie les paupières de Titania du suc magique. Il ressort.

Entrent alors Lysandre et Hermia, exténués. Lysandre enjoint à Hermia de se coucher sur le gazon. Cette dernière, comprenant qu’il compte dormir près d’elle, craint pour son honneur. Elle ne se laisse pas enjôler par ses belles paroles et le convainc de s’endormir un peu plus loin.

Les deux amants s’endorment quand Puck arrive. Lorsqu’il les voit, il pense avoir trouvé les deux Athéniens recherchés. Il répand alors le philtre d’amour sur les yeux de Lysandre puis se sauve retrouver Obéron.