Les Wampas () sont un groupe de rock alternatif et punk rock français, originaire de la région parisienne formé en 1983. Le groupe repose essentiellement sur le chanteur Didier Wampas, de son vrai nom Didier Chappedelaine, en même temps électricien à la RATP avant de partir en retraite début 2012.. La formation, qui a beaucoup évolué depuis leurs débuts, comprend Jean-Michel Lejoux (basse, ex-Satellites), Effello (guitare), Nicolas Schauer (batterie) et Tony Truant (guitare, ex-Dogs).
Les Wampas sont connus pour les textes faussement juvéniles de Didier Wampas, qu'il chante d'une voix parfois à la limite de la justesse. Longtemps méconnus du grand public et ignorés des médias de masse, les Wampas voient leur notoriété s'accroître en 2003 après leur signature avec une filiale d'Universal. Le single Manu Chao est alors diffusé sur les radios musicales nationales comme RTL2 et Europe 2, et Didier Wampas multiplie ses interventions à la télé et à la radio. Le groupe est nommé, lors des Victoires de la musique 2004, dans la catégorie « Groupe/Artiste révélation scène de l'année ».
Biographie Formation et débuts (1983–1986) vignette|gauche|Didier Wampas (chant, guitare) en 2011.
Les Wampas se forment en 1983, avec comme meneur et chanteur Didier Chappedelaine, alias Didier Wampashttps://www.lemonde.fr/culture/article/2026/04/06/didier-wampas-punk-ouvrier-en-tournee-la-politique-entre-deux-riffs-de-guitare_6677320_3246.html Le Monde du 6 avril 2026 Didier Wampas, « punk ouvrier » en tournée : la politique entre deux riffs de guitare. Le nom Wampas vient du nom d'une tribu dans la bande dessinée Rahan, le fils des âges farouches, la tribu des Hommes-Wampas, habillés de capes rappelant les ailes des chauves-sourishttps://www.humanite.fr/culture-et-savoir/didier-wampas/didier-wampas-dans-la-vie-il-faut-faire-comme-rahan-faire-tourner-son-coutelas-et-aller-dans-la-direction-indiquee Journal L'Humanité 24 avril 2026 Didier Wampas : « Dans la vie, il faut faire comme Rahan, faire tourner son coutelas et aller dans la direction indiquée » . À l'instar des Ramones, les membres du groupe accolent le nom de Wampas à leur propre prénom comme s'ils faisaient partie d'une même famille (bien qu'ils n'aient chacun aucun lien de parenté). À l'origine, les Wampas sont un groupe de psychobilly comme en témoigne le look qu'ils adoptent à leurs débuts (coiffure banane) ainsi que l'usage de la contrebasse. Néanmoins, leurs influences musicales vont peu à peu au long de leur carrière, se diversifier : du psychobilly à Mike Brant, en passant par Johnny Hallyday, le punk (notamment les Ramones), les Beach Boys et les yéyés.
Leur tout premier concert se tient dans le 13ème arrondissement de ParisLe Monde Diplomatique de juillet 2026 Quelle joie le rock’n’roll https://www.monde-diplomatique.fr/2026/07/WAMPAS/69729 au square de Tolbiac, à Paris, en juin 1983 avant leur première fête de l'huma Article dans le journal L'Humanité du 24 avril 2026 Didier Wampas : « Dans la vie, il faut faire comme Rahan, faire tourner son coutelas et aller dans la direction indiquée » https://www.humanite.fr/culture-et-savoir/didier-wampas/didier-wampas-dans-la-vie-il-faut-faire-comme-rahan-faire-tourner-son-coutelas-et-aller-dans-la-direction-indiquee : en , sans grande expérience de la scène, Les Wampas se produisent sur une petite scène lors de la Fête de l'HumanitéÉmission consacrée au festival de Chainaz-les-Frasses sur Radio Aix-les-Bains le 11 septembre 2016.. Lors de leurs premières prestations live, ils partagent souvent la scène avec le groupe The Meteors. Dès les débuts, le groupe connaît de multiples changements de personnel (ce qui restera une constante dans l'histoire du groupe).
Entre 1983 et 1985, la formation se stabilise autour de Didier Wampas (au chant), Francis Wampas (à la batterie) Alain Wampas (à la contrebasse) et François Quivoron à la guitare qui sera remplacé par Philippe Wampas. Les Wampas font partie à l'époque de la scène alternative parisienne et partagent souvent la scène avec des groupes comme Les Coronados, Garçons Bouchers, Les Casse-pieds, Les Satellites, Bérurier noir ou Ludwig von 88. Dans sa chanson Chez Rascal et Ronan, François Hadji-Lazaro évoque cette époque où se côtoyaient les groupes parisiens, notamment les Wampas dans les mêmes bars. Le groupe répète dans une cave avec acharnement et sort en 1985 son premier 45 tours : Dracu Bop. En mai de la même année, le guitariste surf-rock Marc Police rejoint le groupe à la place de Philippe et lui apporte une nouvelle dimension. C'est aussi à cette époque qu'arrive Niko.
vignette|Niko (batterie).
Les Wampas tournent beaucoup ; ils font partie de la scène alternative française de l'époque, qui comprend notamment Bérurier noir, les Casse-pieds, Les Coronados, les Dead Gregorys, Double Nelson, les Garçons Bouchers, Hot Pants, Jad Wio, Laid Thénardier, Ludwig von 88, Mano Negra, Les Naufragés, Noir Désir, OTH, Parabellum, Les Satellites, Les Sheriff, La Souris Déglinguée, Les Tambours du Bronx, Les Tétines Noires, Les Thugs, Treponem Pal, Les VRP, les Wanderers, Washington Dead Cats, etc.
Le premier album studio des Wampas, Tutti frutti, est publié en 1986. Il est caractérisé par un son très psychobilly avec Alain Wampas à la contrebasse. Les textes sont décalés, parfois composés uniquement d'onomatopées répétées tout le long de la chanson (Yeah Yeah Yeah !, Shala la la !). Le chant de Didier Wampas est suraigu, parfois limite : cela devient la marque de fabrique du groupe pour tous ses albums. Mais les Wampas sont sans complexes, ils assument ce chant atypique. Ils créent même un t-shirt portant l'inscription « Le chanteur des Wampas chante faux (mais c'est fait exprès) »..
C'est à cette époque qu'apparaît une rancœur tenace envers les Washington Dead Cats. Elle se manifeste à travers plusieurs chansons : Une bombe sur Washington, Bang ! Bang ! Bang ! (« Les Washington Dead Cats qui se sont reformés, je crois que je vais pleurer » ; cette chanson date toutefois de bien plus tard : 1998 et l'album Chicoutimi), Les Gens riches (« les gens riches aiment bien les Washington, pas moi », les gens riches en question étant le groupe les Satellites, en référence à leur album Riches et célèbres). Les deux groupes partageaient la même salle de répétition, et la dispute aurait concerné un problème de matériel.
Au cœur de la scène indépendante (1987–1992)
Après la sortie de leur premier album, les Wampas écument les bars et les petites salles de concert. Ils participent à plusieurs compilations comme Psycho Attack over Europe, Mon grand frère est un rocker. C'est l'âge d'or du rock alternatif, tous les groupes cités plus haut commencent à se faire connaître d'un public plus ou moins grand. Chez les Wampas, les musiciens défilent en même temps que disparaissent peu à peu les influences psychobilly. Les Wampas se défont du look psycho arborant des tenues plus éclectiques (Didier Wampas se laissera même pousser de longs cheveux) et même de leur contrebasse puisqu'Alain Wampas quitte le groupe en 1987, remplacé par Ben Sam, qui lui, joue de la basse. La formation Niko-Ben Sam-Didier-Marc Police va se stabiliser pendant un certain moment et véritablement imprimer un style que l'on retrouvera sur les deux albums suivants. Ce sont surtout Didier Wampas et Marc Police qui constituent les piliers du groupe et qui écrivent les chansons.
Leur deuxième album, intitulé Chauds, sales et humides, sort en 1989. Il marque une certaine rupture avec le premier album en incluant des styles musicaux plus variés et moins axés sur le rockabilly ou le psychobilly. Beaucoup plus rock 'n' roll que le précédent, il laisse également entrevoir ce que seront les textes dans les albums suivants : un mélange de poésie (Le seigneur est une fleur), d'enfance, d'onomatopées (Yeah Yeah), d'humour et d'absurdités (Ver de terre). Mais c'est sur scène que le groupe se fait une réputation, avec des concerts énergiques, lors desquels Didier Wampas se livre à toutes sortes d'excentricités.
vignette|Jean-Michel Lejoux (basse).
Le troisième album, Les Wampas vous aiment, sort en 1990. Pour la première fois, le groupe dispose de moyens importants pour la production. L'album possède un bon potentiel commercial (la scène alternative remportant alors un succès important auprès du grand public) et contient bon nombre de classiques du groupe : Tataratatata, Ce soir, c'est Noël, Quelle joie le Rock 'n' Roll, C'est facile de se moquer et surtout Petite fille. Le vidéo-clip de cette chanson passe relativement souvent sur M6, et la chanson apparaît aussi dans le film J'embrasse pas d'André Téchiné. On peut voir dans le clip la jeune Marion Cotillard, alors âgée de quinze ans. Mais la promotion ne suit pas et l'album ne remporte pas le succès escompté. À noter, au début de l'album, une citation résumant bien l'esprit du groupe : « Y'a qu'à mettre tout à fond… Le rock, c'est tout à fond ». Cet état d'esprit se retrouve sur scène et porte ses fruits puisque le groupe attire maintenant du monde. En 1991, leur tournée passe ainsi par le Printemps de Bourges, le Bataclan ainsi que le Japon, où ils font la première partie de Mano Negra.
Le , Marc Police se suicide.. Le groupe est ébranlé, et les années qui suivent sont difficiles, avec des changements dans la composition du groupe. L'arrivée de Philippe Almosnino, ex-Wanderers, va consolider la puissance de la formation. À cette époque, le rock alternatif est sur le déclin, beaucoup de groupes se séparent. Les Wampas, eux, continuent de jouer. Pour l'anecdote, un des épisodes de la série noire Le Poulpe, intitulé Les potes de la perception, s'inspire beaucoup de la mort du guitariste des Wampas.
Signature chez BMG (1993–1997) vignette|Tony Truant (guitare).
Le groupe signe chez BMG, ce qui lui permet de bénéficier de moyens importants pour la sortie d'un quatrième album, Simple et tendre en 1993. Le disque est produit par Mark Wallis (U2) et est en partie enregistré aux studios Abbey Road. Marc Police n’étant plus là pour l’épauler, c’est Didier Wampas qui se charge de l’essentiel de la création des chansons. L’ensemble de l’album laisse apparaître une plus grande part de poésie, la plupart des textes tournant autour de l’amour ou de l’enfance. On trouve dans cet album un bon nombre de classiques du groupe, souvent joués en concert, tels que Les îles au soleil, Comme un ange qui pleure et Les bottes rouges. Le groupe enchaîne sur une grande tournée, avec un passage à l'Olympia en 1993. La même année, Ben Sam quitte le groupe au profit de Chris Black qui à son tour quitte le groupe l'année suivante. Jean-Mi (ex-bassiste des Satellites sous le nom de Monsieur Miel) prend la basse en 1994.
En 1995, les Wampas enregistrent leur cinquième album, Trop précieux, qui sort en . Là encore, BMG leur donne de grands moyens puisqu’une partie de l’album (en particulier la production) est réalisée à Austin (Texas). L'album est très homogène et on y retrouve les ingrédients propres aux Wampas : des textes surréalistes (Le soleil, Gisèle), des chansons tristes (Il viendra), des chansons gaies (Trop précieux, Johnny McDonald), de l’amour (Ne dis pas aux copains, reprise de France Gall), C’est l’amour), de l’amitié (Mes amis/oh oui je vous aime), de la poésie… Renforcés d'une seconde guitare, Joseph Dahan (ex-bassiste de Mano Negra), les Wampas s’embarquent alors pour une grande tournée mondiale, avec des passages en Europe mais aussi à Austin, Tōkyō et Montréal. L’album live Toutafonlive, sorti en 1996, est le reflet de cette tournée. Les Wampas jouent dans des petites salles et des bars et sont parfois inconnus du public. La pochette de Toutafonlive en témoigne, puisqu'y figure la photo d’un affichage annonçant un concert des Wampus.
Retour à un label indépendant (1998–2002)