Tréguier (Prononciation en français de France retranscrite selon la norme API.), Landreger en breton, est une commune, chef-lieu de canton du département des Côtes-d'Armor, dans la région Bretagne, en France.

Tréguier est la capitale historique du Trégor. Cathédrale, ruelles et maisons à pans de bois comptent parmi les éléments caractéristiques de cette ancienne cité épiscopale.

Géographie Description

vignette|gauche|Tréguier vu de la rive droite du Jaudy (côté Trédarzec).

« C'est un vrai triangle dont les côtés sont formés par le Jaudy, le Guindy et la commune de MinihyAdolphe Guillou, Essai historique sur Tréguier, par un Trécorrois, imprimerie Francisque Guyon, Saint-Brieuc, 1913, réédition Laffitte Reprints, Marseille, 1979. ».

La petitesse du territoire communal () bloque l'essor de la ville (même si, en 1836, Tréguier a annexé les Buttes, le faubourg de Kerfant et la chapelle Saint-Michel qui dépendaient jusque-là de la commune voisine du Minihy-Tréguier) et a longtemps freiné le réaménagement urbain. En 1927 a été percé le boulevard Anatole Le Braz, qui passe sous les voûtes de la mairie et permet un accès direct au pont franchissant le Guindy en direction de Plouguiel..

Communes limitrophes thumb|left|Carte de Tréguier et des communes avoisinantes.

Relief et hydrographie thumb|left|La passerelle Saint-François (sur le Guindy). Les altitudes varient entre 66 mètres (au niveau du château d'eau, à la limite sud de la commune avec celle du Minihy-Tréguier), point le plus haut de la ville, et le niveau de la mer ; la ville occupe essentiellement un plateau incliné vers le nord et diamant côté ouest d'une quarantaine de mètres la ria du Guindy et côté est celle du Jaudy d'une vingtaine de mètres. La ville occupe la quasi-totalité de la superficie communale, à l'exception d'une zone boisée correspondant à une partie du versant de rive droite du Guindy, proche de la passerelle Saint-François. thumb|left|La confluence du Jaudy et du Guindy au début du . thumb|left|Le Guindy juste en amont de Tréguier au début du . Tréguier est située au confluent du Jaudy et du Guindy ; la Rivière de Tréguier étant la ria ou l'estuaire, large de 250 à selon les endroits, commun aux deux cours d'eau, Tréguier occupant le site de leur presqu'île de confluence. Ces vallées découpent le plateau du Trégor et le centre de la ville s'étant implanté sur le promontoire entre les deux vallées. Celles-ci ont découpé le plateau du Trégor et la ville s'est développée sur les deux escarpements limitant ce lambeau de plateau jusqu'à la rive droite du Guindy et la rive gauche du Jaudy. Longtemps, les rives opposées du Jaudy et du Guindy opposées à Tréguier n'ont été reliées à la cité que par des bacs (bacs de Canada, attesté dès 1619, l'origine du nom est inconnue, et de Saint-Sul) pour franchir le Jaudy, ou au prix d'un assez long détour via un petit pont à hauteur du village du Guindy, pour rejoindre Plouguiel en franchissant le Guindy.

Tréguier est une ville-port de fond de ria, comme le sont de nombreuses autres villes bretonnes comme Dinan, La Roche-Derrien, Morlaix, Landerneau, Quimper, Quimperlé, donnant sur la Manche toute procheCité dans le commentaire de vieilles cartes postales exposées dans le trésor de la cathédrale Saint-Tugdual de Tréguier..

Le port, situé à de la mer, a une activité attestée dès le Moyen Âge (des bateaux de faible tirant d'eau pouvaient alors remonter l'estuaire et un trafic de sable, de pierre, de blé ou de lin créa à cet égard un véritable négoce jusqu'à la fin du . Situé sur la rive gauche du Jaudy juste avant la confluence avec le Guindy, il est désormais accessible, grâce à sa profondeur, à des bateaux d'assez fort tonnage et, si c'est encore un port de commerce au trafic modeste, c'est désormais surtout un port de plaisance équipé de cinq pontons flottants et d'une capacité d'accueil de http://www.port-treguier.com/. thumb|left|Vue aérienne de Tréguier (Landreger en breton) et de son canton. vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de TréguierLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Voies de communication Tréguier n'est pas desservi par une voie expresse. La D 786, ancienne route nationale 786 devenue départementale, la relie à Saint-Brieuc (direction vers ou depuis Rennes et Paris) et à Lannion où se trouve l'aéroport le plus proche.

Les gares les plus proches sont celles de Paimpol, Lannion, Guingamp et Saint-Brieuc.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de La Roche-Jaudy à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Urbanisme thumb|Les quais de Tréguier (rive gauche du Jaudy) et la ville vus depuis les Jardins de Kerdalo.

Typologie Au , Tréguier est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Tréguier, une agglomération intra-départementale dont elle est ville-centre.. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Tréguier, dont elle est la commune-centreLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...

La commune, bordée par l'estuaire du Jaudy, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral.. Des dispositions spécifiques d’urbanisme s’y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l’équilibre écologique du littoral, tel le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des , ou plus si le plan local d’urbanisme le prévoit..

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires artificialisés (83,2 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (71,3 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones urbanisées (83,2 %), zones agricoles hétérogènes (8,5 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (8,3 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes monasterium Sancti Tutuali Pabut vers 1050, Sanct Pabu-Tual en 1086, Saint Pabu vers la fin du , Seintpabu en 1230, Lantreguer en 1267, Lantriguier en 1296, Landreguer en 1330, Landriguier en 1376, Lantreguier et Tréguier en 1394, Lantreguer en 1441 et en 1468, Ploelantreguer en 1437 et en 1486, Ploelantreguier en 1543, Ploulan-Treguier en 1663..

Antérieurement le lieu était dénommé « Saint-Pabu », Pabu étant l'un des noms sous lesquels est connu saint Tugdual. Le monastère est dénommé « Saint Tutual Pabu » dans la Chronique de Nantes compilée vers 1050 et un acte de 1086Acte en faveur de l'abbaye du Mont-Saint-Michel. parle de Hugues de Saint Pabu-Tual, évêque de Tréguier (« episcopus Trigarensis »).

Trégor → Tréguier procèdent du nom des Tricorii > Trechor, ethnonyme gaulois dont le sens est « les trois troupes, les triples armées »., correspondant peut-être à trois peuplades gauloises... Il est composé de tri « trois » semblable au breton tri « trois » et corios (pluriel corii) proche du vieil irlandais cuire « troupe, armée » et du vieux breton cor- (élément de composé) « troupe ». Tricorii rappelle immédiatement Petrucorii « les quatre armées » qui ont laissé leur nom au Périgord et à Périgueux selon un processus similaire. Les Tricorii ne sont mentionnés ni parmi les peuples armoricains ni parmi ceux de Grande-Bretagne.

Le lieu entre dans l'histoire ou dans la légende vers 532-535 avec le moine gallois Tugdual qui y aurait fondé un monastère dénommé Lan Trécor en breton, devenu « Landreger », toponyme qui donnera son nom actuel à la ville, mais ce toponyme (sous la variante Landreguer) n'apparaît qu'en 1330.

Le nom en breton de la commune est Landreger, prononcé [lɑ̃n’dre:gər].

Histoire

Saint Tugdual et la création de l'évêché Tréguier provient du démembrement de la paroisse primitive de l'ancienne Armorique, Ploulandreguer, qui englobait aussi outre le territoire de Tréguier, celui de Minihy-Tréguier.

Tugdual est consacré évêque de Landreger vers 542. Il fut le premier évêque d'un siège épiscopal particulièrement important en Bretagne jusqu'à sa suppression lors de la Révolution française. Nous ne savons en réalité que peu de choses de l'existence de Tugdual, même pas la date précise de sa mort qui serait survenue un en 553, 559 ou 564. Il serait le fils d'Alma Pompa (sainte Pompée) et de Hoël , huitième roi d'Armorique. Originaire de Grande-Bretagne, Tugdual aurait émigré en Armorique accompagné de sa mère. Il semble qu'autour de son monastère se soit rapidement constituée une importante agglomération. vignette|Portrait des 14 évêques de Tréguier entre 1587 et 1801 (cathédrale Saint-Tugdual). C'est ainsi que Tréguier fut et demeure une étape obligée du Tro Breiz, pèlerinage aux sept saints fondateurs bretons.

L'ancienne cathédrale, probablement en bois, n'a laissé aucune trace ; on suppose qu'elle était située à peu près au même emplacement que l'édifice actuel et était dédiée à saint André.