Le 100 mètres fait partie des épreuves inscrites au programme des premiers Jeux olympiques de l'ère moderne, en 1896 à Athènes. Le féminin se dispute pour la première fois lors des Jeux de 1928, à Amsterdam.
Les records olympiques de la discipline sont actuellement détenus par le Jamaïcain Usain Bolt chez les hommes, qui établit le temps de en finale des Jeux olympiques de 2012, à Londres, et par la Jamaïcaine Elaine Thompson, créditée de lors des Jeux de Tokyo de 2020.
Usain Bolt est le seul athlète à remporter trois titres olympiques dans cette épreuve, qu’il s’est adjugés consécutivement, lors des Jeux de 2008, 2012 et 2016. Côté féminin, le record est de deux titres olympiques et est partagé entre les Américaines Wyomia Tyus (1964 et 1968) et Gail Devers (1992 et 1996), et les Jamaïcaines Shelly-Ann Fraser-Pryce (2008 et 2012) et Elaine Thompson (2016 et 2020).
Éditions
+100 mètres aux Jeux olympiques N° Édition Ville Hommes Femmes 1 AthènesX 2 ParisX 3 Saint-LouisX 4 LondresX 5 StockholmX 6 AnversX 7 ParisX 8 AmsterdamXX 9 Los AngelesXX 10 BerlinXX 11 LondresXX 12 HelsinkiXX 13 MelbourneXX 14 RomeXX 15 TokyoXX 16 MexicoXX 17 MunichXX 18 MontréalXX 19 MoscouXX 20 Los AngelesXX 21 SéoulXX 22 BarceloneXX 23 AtlantaXX 24 SydneyXX 25 AthènesXX 26 PékinXX 27 LondresXX 28 Rio de JaneiroXX 29 TokyoXX 30 ParisXXTotal3023
Hommes
Historique 1896-1912
Le fait partie des douze épreuves d'athlétisme au programme des premiers Jeux olympiques de l'ère moderne disputés en 1896 au Stade panathénaïque d'Athènes. En l'absence de , le meilleur spécialiste des courses de vitesse de la fin du , en raison notamment du coûteux déplacement que ne peuvent financer la quasi-majorité des universités américaines, la victoire revient à son compatriote Thomas Burke, qui sur une piste sablonneuse en très mauvais état, s'impose dans le temps modeste de , devant l'Allemand Fritz Hofmann .
Quatre ans plus tard, sur la piste en herbe de la Croix-Catelan, à Paris, l'Américain Frank Jarvis remporte le titre des Jeux olympiques de 1900 en , soit une seconde de mieux que Burke en 1896 . Walter Tewksbury prend la deuxième place en 11 s 1 alors que Arthur Duffey, invaincu depuis deux ans aux États-Unis et grand favori de l'épreuve, ne termine pas la course après avoir été victime d'un claquage dans les derniers mètres alors qu'il était en tête.
Aux Jeux olympiques de 1904, à Saint-Louis, l'Américain Archie Hahn domine les épreuves du sprint en enlevant le , le en ligne droite et le . Sur cette distance, il gagne en , devant son compatriote Nate Cartmell, deuxième en 11 s 2 .
Les États-Unis, qui alignent neuf athlètes dans l'épreuve du , subissent leur premier revers lors des Jeux de Londres en 1908. Le Sud-Africain Reggie Walker est champion olympique dans le temps de .
Lors des Jeux olympiques de 1912, au Stade olympique de Stockholm, l'Américain Don Lippincott réalise, en séries le , le temps de , performance constituant le premier record du monde du 100 mètres homologué par l'IAAF . En finale, la victoire revient à son compatriote Ralph Craig, vainqueur également de l'épreuve du , qui s'impose en , devant son compatriote Alvah Meyer . Donald Lippincott, qui ne réédite pas sa performance des séries, se classe troisième de la course en .
1920-1936
L'Américain Charley Paddock remporte le titre des Jeux olympiques de 1920 à Anvers. Il devance son compatriote Morris Kirksey, deuxième en aussi, et le Britannique Harry Edward, troisième en . Loren Murchison, qui avait battu Charley Paddock lors des sélections olympiques américaines, se classe et dernier de la finale après avoir raté son départ .
Lors du des Jeux olympiques de 1924 qui se déroule au Stade de Colombes, le Britannique Harold Abrahams s'impose dans le temps de , égalant le record olympique tout comme la veille en quarts de finale, et le même jour lors des demi-finales. Il devance l'un des favoris de l'épreuve, l'Américain Jackson Scholz, deuxième en et le Néo-zélandais Arthur Porritt, troisième en . Charley Paddock, tenant du titre et détenteur du record du monde depuis 1921 en , se classe de la finale . L'épreuve et en particulier la relation d'amitié entre Harold Abrahams et Eric Liddell est racontée en 1981 dans le film de Hugh Hudson Les Chariots de feu.
En 1928, lors des Jeux olympiques d'Amsterdam, et après deux faux départs des concurrents, le Canadien Percy Williams remporte l'épreuve du quelques jours avant de s'imposer sur . Sur , il égale le record olympique de pour remporter la médaille d'or, devant le Britannique Jack London, deuxième en et l'Allemand Georg Lammers, troisième dans le même temps . L'Américain Frank Wykoff, qui avait remporté les sélections olympiques des États-Unis, échoue au pied du podium.
En finale des Jeux olympiques de 1932, à Los Angeles, le duel attendu par les spectateurs présents au Memorial Coliseum est celui entre Eddie Tolan, le meilleur sprinteur américain depuis trois saisons, et Ralph Metcalfe, qui avait battu son compatriote lors des sélections américaines de 1932. Après un départ rapide du Japonais Takayoshi Yoshioka, Tolan reprend l'avantage à mi-course mais est rattrapé dans les derniers mètres par Metcalfe. Le chronométrage manuel affiche le même temps de pour les deux athlètes, temps constituant le nouveau record du monde, mais aussi le même temps au chronométrage électronique (). Après plusieurs heures, le jury déclare finalement Eddie Tolan vainqueur de l'épreuve, devant Ralph Metcalfe, l'Allemand Arthur Jonath prenant la troisième place en .
L'Américain Jesse Owens, qui remportera trois autres médailles d'or lors des Jeux olympiques d'été de 1936 à Berlin, s'impose dans l'épreuve du dans le temps de (vent de supérieur à la limite autorisée). Ralph Metcalfe, qui effectue un retour sur Owens en fin de course, obtient une deuxième médaille d'argent consécutive en , devançant le Néerlandais Tinus Osendarp, troisième de la finale en . Jesse Owens avait déjà couru au premier tour en , égalant le record olympique, à un dixième de seconde de son record du monde établi quelques semaines plus tôt à Chicago. Au deuxième tour, il améliore son temps en mais ce record ne fut pas homologué en raison également d'un vent trop favorable .
1948-1964
L'épreuve du des Jeux olympiques de 1948, à Londres, est remportée par l'Américain Harrison Dillard qui s'impose dans le temps de , devant son compatriote Barney Ewell () et la Panaméen Lloyd LaBeach (), tous deux codétenteurs du record du monde . L'autre américain Mel Patton, qui figurait parmi les favoris à la médaille d'or après avoir réalisé quelques semaines plus tôt sur , et qui est diminué par une douleur à la cuisse, ne se classe que cinquième de la finale. Quelques mois plus tôt lors des sélections olympiques américaines, Harrison Dillard avait terminé du derrière Ewell et Patton, et avait échoué à se qualifier pour le 110 mètres haies, pourtant sa discipline de prédilection.
En l'absence de deux favoris pour le titre, les Américains Andy Stanfield, qui décide de se concentrer sur l'épreuve du , et Jim Golliday, le meilleur spécialiste américain du , la finale des Jeux olympiques de 1952 à Helsinki est remporté par leur compatriote Lindy Remigino. Crédité de au même titre que le Jamaïcain Herb McKenley, le Britannique McDonald Bailey et l'autre américain Dean Smith, Remigino est désigné champion olympique après visionnage de la photo-finish . McKenley est médaillé d'argent alors que Bailey, qui hérite d'un couloir extérieur détrempée par les pluies diluviennes tombées la veille, est médaillé de bronze
Lors des Jeux olympiques de 1956, à Melbourne, l'Américain Bobby Joe Morrow remporte le titre olympique en ( au chronométrage électronique), et ce en dépit d'un vent de face de qui perturbe fortement tous les concurrents. Il devance son compatriote Thane Baker, deuxième en , l'Australien Hector Hogan, troisième en et l'autre américain Ira Murchison, qui avait égalé le record du monde de quelques semaines auparavant, quatrième en .
L'Allemand Armin Hary, qui est devenu le premier athlète a réaliser le temps de sur , quelques mois avant les Jeux olympiques de 1960, remporte le titre à Rome en établissant un nouveau record olympique en . Il devance l'Américain David Sime qui réalise le même temps que Hary (record olympique égalé) en plongeant sur la ligne d'arrivée, mais les deux hommes sont finalement départagés au centième de seconde ( pour Hary et pour Sime). Armin Hary devient le premier champion olympique européen sur . L'autre américain Ray Norton, vainqueur des sélections olympiques américaines et autre favori au titre olympique, se classe et dernier de la finale alors que le Canadien Harry Jerome, qui avait égalé le record du monde de Armin Hary peu avant les Jeux, est éliminé en demi-finales.
En 1964, lors des Jeux olympiques de Tokyo, l'épreuve se dispute pour la première fois sur une piste à huit couloirs, mais en finale, cette piste en cendrée est gorgée d'eau. L'Américain Bob Hayes, invaincu sur ou sur depuis 28 mois et auteur de 54 victoires consécutives, confirme son statut de favori en remportant la médaille d'or dans le temps de , égalant le record du monde co-détenu alors par Armin Hary, Harry Jerome et le Vénézuélien Horacio Esteves . Bob Hayes devance sur le podium le Cubain Enrique Figuerola, médaillé d'argent en et Harry Jerome, médaillé de bronze dans le même temps.
1968-1984
Lors des Jeux olympiques de 1968, disputés en altitude à Mexico, pour la première fois sur une piste en matière synthétique (tartan), l'Américain Jim Hines devient le premier athlète à franchir la barrière des dix secondes avec un temps de et établit officiellement le premier record du monde du 100 mètres mesuré au chronométrage électronique . Quelques mois auparavant, lors du des championnats des États-Unis à Sacramento, épreuve surnommée « The Night of Speed » (La nuit de la vitesse), Hines et ses compatriotes Ronnie Ray Smith et Charles Greene avaient déjà égalé ou amélioré le record du monde en descendant sous les , mais cette fois-ci au chronométrage manuel . À Mexico en finale, Jim Hines devance le Jamaïcain Lennox Miller, médaillé d'argent en et Charles Greene qui diminué par une élongation à la cuisse, remporte la médaille de bronze en et devance d'un mètre le Cubain Pablo Montes et le Français Roger Bambuck, auteurs tous deux de .
En 1972, lors des Jeux olympiques de Munich, les Américains Eddie Hart et Rey Robinson qui avaient améliorés quelques semaines plus tôt le record du monde du 100 mètres à l'occasion des sélections olympiques des États-Unis, ne se présentent pas à l'heure pour les quarts de finale, se fiant à un calendrier périmé. La Fédération américaine d'athlétisme fait appel, mais cet appel est rejeté, Hart et Robinson ne sont donc pas repêchés. En leurs absences, la finale est remportée par le Soviétique Valeriy Borzov, champion d'Europe en 1969 et 1971, qui s'impose dans le temps de , devant le troisième américain Robert Taylor, médaillé d'argent en et devant le Jamaïcain Lennox Miller () qui obtient une deuxième médaille olympique sur après 1968 .
En finale des Jeux olympiques de 1976, à Montréal, le Trinidadien Hasely Crawford s'adjuge le titre olympique en , devant le Jamaïcain Don Quarrie, deuxième en , Valeriy Borzov prenant la troisième place en , soit le même temps que lors de son titre à Munich quatre ans plus tôt . L'américain Harvey Glance, qui figurait parmi les favoris à la victoire finale, termine au pied du podium en alors que son compatriote Steve Williams, qui avait réalisé les meilleures performances chronométriques de la saison, est absent de ces Jeux après s'être blessé lors des sélections olympiques.