Le Petit Nicolas est une œuvre de littérature d'enfance et de jeunesse française écrite de 1956 à 1965Le duo Goscinny-Sempé par René Goscinny et illustrée par Jean-Jacques Sempé. Écrites sous forme de courts récits dans lesquels se mêlent l'humour et la tendresse de l'enfance, les aventures du Petit Nicolas mettent en scène un petit garçon dans un environnement urbainUn dessin des aventures inédites situe l'action à Paris pendant les années 1960. Le personnage y livre ses pensées intimes grâce à un langage enfantin créé par Goscinny et les thèmes sont avant tout ceux de l'enfance (la camaraderie, les disputes, les rapports avec la maîtresse d'école, les premières amourettes...) mais Goscinny y décrypte également le monde complexe des adultes : l'éducation, les disputes familiales, les rapports entre voisins, la relation du père avec son patron, etc.

Il naît le dans les colonnes de Sud-Ouest Dimanche. Publié sous la forme d’un conte illustré, il remporte un vif succès auprès des lecteurs et devient un feuilleton hebdomadaire pendant sept ans. À partir de 1960, les éditions Denoël publient cinq volumes du Petit Nicolas. Considéré comme un chef-d’œuvre de littérature jeunesse, les aventures du célèbre écolier sont devenues un classique.

Ces récits entrecoupés d'illustrations ne comptent que quelques pages et sont généralement indépendants les uns des autres, bien que Nicolas cite parfois une anecdote d'une histoire précédente. L'ensemble de l'œuvre peut être lu sans ordre particulier tandis que certains passages tels que l'origine du surnom du Bouillon – un des surveillants de l'école –, la description du terrain vague ou encore le fait qu'Alceste est « un copain qui mange tout le temps » sont repris très régulièrement et contribuent au style enfantin de la narration.

Historique Origines C’est dans un magazine belge que débutent les collaborations entre Goscinny et Sempé. Le premier travaille aussi pour un hebdomadaire, Le Moustique, où il publiera environ une trentaine de feuilletons policiers sous les pseudonymes de René Macaire ou René Maldecq. À l’occasion, il dessine les couvertures du magazine. Le second collabore à ce magazine et réalise notamment trois ou quatre dessins représentant un petit garçon, de simples dessins de presse en une case. Le rédacteur en chef demande au dessinateur de lui trouver un nom. Sempé aperçoit une publicité d’un célèbre caviste sur un bus. Ce sera Nicolas..

La bande dessinée du Petit Nicolas Le Moustique demande alors au dessinateur de transformer cette esquisse de personnage en bande dessinée. Habile au crayon, Sempé n’est ni scénariste, ni écrivain. C’est Goscinny qui imagine et écrit les scénarios. Le paraît la première planche du Petit Nicolas en bande dessinée. À l’époque, Goscinny multiplie les collaborations et utilise plusieurs noms de plume, dont Agostini pour les scénarios livrés à Sempé. Mais l’aventure fait long feu. René Goscinny organise une réunion pour la défense des droits des auteurs et en retour, il est licencié. Sempé, solidaire et mal à l'aise avec le médium BD, claque la porteSempé déclare : .. La vingt-huitième et dernière planche paraît le Les 28 planches seront publiées en 2017 par IMAV éditions dans l’album Le Petit Nicolas - La bande dessinée originale..

Naissance du Petit Nicolas Trois ans plus tard, Henri Amouroux, le rédacteur en chef de Sud-Ouest Dimanche leur commande une histoire humoristique pour son numéro de Pâques. Inspiré, Goscinny propose à Sempé de réutiliser ce qui a été l’ébauche de leur éphémère collaboration, ce personnage de Nicolas, trop vite abandonné. Les deux amis changent de formule : « Je n’aime pas la bande dessinée. Je n’en ai jamais lu, je n’ai jamais aimé ça. En revanche les dessins humoristiques m’ont toujours passionné », dira SempéLes Inrockuptibles, spécial Goscinny, , 5 novembre 1997.. Goscinny troque alors sa casquette de scénariste pour celle de conteur. « Il arriva avec un texte dans lequel un enfant, Nicolas, racontait sa vie avec ses copains qui avaient tous des noms bizarres : Rufus, Alceste, Maixent, Agnan, Clotaire... Le surveillant général était surnommé Le Bouillon. C’était parti : René avait trouvé la formule », expliquera Sempé qui ajoutera : « Il a tout inventé »Sempé. Le livre de l’exposition. Ville de Caen, juin 1984..

Le paraît dans Sud-Ouest Dimanche, la première aventure du Petit Nicolas sous forme de conte écrit par Goscinny et illustré par Sempé. À l’origine, un seul épisode des aventures du Petit Nicolas était prévu. Le courrier des lecteurs est enthousiaste et le journal leur demande de continuer. Le succès est immédiat et l'œuvre prend sa forme définitive telle qu'on la connaît actuellement : de courts textes illustrés et non plus une bande dessinée. Le journal Pilote l'accueille également dès son premier numéro en , le jeune écolier y côtoie l’autre création de René Goscinny, Astérix le gaulois, né la même année que le Petit Nicolas. La série connaît un engouement ininterrompu jusqu'en 1965, année au cours de laquelle Goscinny met fin aux aventures de son petit personnage. Les deux hommes partagent le même humour et se comprennent parfaitement. Goscinny écrit intégralement les histoires que Sempé illustre d’un, deux, voire trois ou quatre dessins en noir et blanc, au gré de son inspiration. Au rythme d’une histoire tous les dimanches, Goscinny et Sempé réalisent en 7 ans 222 histoires dont 10 ne seront illustrées qu’en 2008 par Sempé pour l’ouvrage Le Petit Nicolas – Le ballon et autres histoires inédites (IMAV éditions, 2009).

Bien des années plus tard, en 2004, Anne Goscinny, fille de René Goscinny, fonde IMAV éditions qui devient l’éditrice du Petit Nicolas. Elle publie plusieurs volumes des Histoires inédites du Petit Nicolas. Désormais, IMAV est l’éditeur de l’intégralité des livres du Petit Nicolas (15 volumes) et gère tous les droits d’adaptation audiovisuelle et merchandising dans le monde entier.

En , le Petit Nicolas fête ses cinquante ans. Cet anniversaire est marqué par la sortie d'un nouveau recueil Le Ballon et Autres Histoires inédites, d'un filmArticle du Figaro sur le film et d'une série télévisée d'animation.

Personnages principaux

Nicolas et ses copains

Nicolas : C’est un écolier et il est le héros de l'histoire. Avec lui tout est « chouette ! ». Fils unique, il admire son père et sa mère dont il est « rien fier ». Il a un tas de copains avec qui il a formé la bande des « Vengeurs ».

Alceste est son meilleur ami. Nicolas est également sous le charme de Marie-Edwige, sa voisine. C’est lui qui raconte l’histoire, comme la raconterait un enfant.

« Le Petit Nicolas est un enfant normal… Il est gourmand, il est bagarreur, il aime jouer au football, il aime s’amuser…ceci dit il est très gentil » confiera Goscinny.

Nicolas n’est pas très bon élève mais il n’est pas le dernier qui est son ami Clotaire. Dans sa tirelire il économise des sous pour s’acheter un avion, quand il sera grand. Il veut être aviateur.

On le reconnaît à peine sur les dessins de groupe car Sempé considère que Le Petit Nicolas est incarné par l’ensemble de la bande de copains et doit à peine se distinguer des autres.

Alceste : « Alceste, c’est un copain qui est très gros et qui mange tout le temps ». C’est le meilleur ami de Nicolas. Il est gros car il mange tout le temps. Tartine beurrée, brioche, pain au chocolat… et même des fleurs ! Rien ne lui résiste.

Alceste est l’un des rares enfants facilement identifiables ; Sempé le dessine presque toujours en train de se mettre quelque chose dans la bouche. Il a les mains sales ce qui est parfois gênant pour ses copains car quand on lui serre la main, elle est toujours collante. Il est d'humeur assez égale mais n'aime pas partager sa nourriture avec ses copains ce qui crée quelquefois des disputes.

« Il ne faut jamais faire le guignol avec sa nourriture, surtout quand c’est la deuxième tartine de la deuxième récré ». Au football, il n’aime pas courir ce qui arrange ses coéquipiers : « Il est bien, Alceste, comme goal : il est très large et il couvre bien le but ».

Alceste n’est pas sans rappeler d’autres personnages de l’univers de René Goscinny comme Obélix ou Averell Dalton, obsédés par la nourriture. Son nom évoque bien sûr « Le Misanthrope » célèbre pièce de Molière.

Rufus : camarade de classe et ami de Nicolas. « Il a un sifflet à roulettes et son papa est policier ». Lorsqu'il joue avec ses camarades, Rufus veut être arbitre et participer en même temps. Il refuse de prêter son objet fétiche : « c’est un souvenir de famille ».

Rufus prend très au sérieux le métier de son père dont il est très fier. Chaque fois qu’il se sent un peu déstabilisé, il brandit la menace de son père policier : « Je vais dire à mon papa de donner des tas de contraventions à ton papa ! ».

Le code secret de la bande de copains sera entre autres « Rufus est bête, faites passer ». Il inspire au comédien Jacques Narcy son nom de scène « Rufus ».

Clotaire : Camarade de classe et ami de Nicolas. "C’est le dernier de la classe. Quand la maîtresse l’interroge, il est toujours privé de récré". Il finit presque inévitablement au coin, toujours le même à gauche du tableau, car il n'apprend rien. Cancre, il collectionne les zéros et les punitions.

Clotaire est le seul des personnages à avoir une télévision chez lui, ce qui lui confère une certaine aura. Il dispose également d’un « vélo de course » avec porte bagage pour faire les courses.

Le jour de la remise des prix, il est miraculeusement récompensé et reçoit « le prix de la camaraderie ».

Eudes : Camarade de classe et ami de Nicolas. « Il est très fort et il aime bien donner des coups de poing sur le nez des copains ». « Élève dissipé. Se bat avec ses camarades. Pourrait faire mieux » note la maîtresse dans son carnet scolaire.

Eudes impose sa loi : chef de la bande des Vengeurs ou capitaine de l’équipe de foot. Il a le coup de poing facile d’autant qu’il se vexe facilement.

Il a un grand frère Jonas qui fait son service militaire dont il est à la fois jaloux et fier. A la fin de l’année, il remporte le prix de gymnastique.

Geoffroy : Camarade de classe et ami de Nicolas. « Il a un papa très riche qui lui achète tout ce qu’il veut ».

Son père, « il gagne des tas et des tas d'argent ». et lui offre des cadeaux qu’il apporte à l’école : un appareil photo, un équipement complet de footballeur, une boite de magie… Il vient souvent en classe avec des déguisements : cow-boy, martien, mousquetaire…

Geoffroy est volontiers insolent envers Clotaire, l’élève qui récolte le plus de punitions. Il habite une grande maison avec une piscine en forme de haricot. Quand les parents sont demandés à l'école, la mère de Geoffroy se fait représenter par Albert, le chauffeur de sa famille.

Geoffroy est avec Alceste, le compagnon le plus présent dans les aventures de Nicolas. Il rafle généralement « le prix de bonne tenue ». Ce que Nicolas attribue au fait qu’ « il est toujours très bien habillé ».

Joachim : Ami et camarade de classe de Nicolas. Rêveur et inventif, il répète tout le temps : « C’est moi qui ai eu l’idée » ou « on fera semblant ». Il est volontiers bagarreur et distribue coups de poing et gifles.

Joachim est « terrible aux billes » « La maîtresse ne l’a jamais, jamais une fois félicité » sauf le jour où son frère Léonce est né. On le reconnait sur certains dessins car il porte parfois un béret. Il aura droit au titre de la première édition du cinquième volume « Joachim a des ennuis » paru en 1964 mais qui sera par la suite réédité en : « Le Petit Nicolas a des ennuis ».

Agnan : Camarade de classe de Nicolas. « C’est le premier de la classe et le chouchou de la maîtresse ». A la récréation il révise toujours ses leçons ». Selon Nicolas : Il est fou Agnan ! » « Il n’est pas bon camarade et on ne l’aime pas trop ». Seulement « il a des lunettes et on ne peut pas taper sur lui aussi souvent qu’on le voudrait ».